La gestion des ressources génétiques a pour objectif de maintenir la biodiversité cultivée et pour potentiellement aider l'agriculture à s'adapter aux défis présents ou à venir. Cela implique d'inventorier, caractériser, évaluer, conserver et diffuser d'anciennes variétés.
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Espèces agricoles ont été répertoriées par la FAO entre 2012 et 2019, et 7% sont signalées comme menacées.
L'importance de la biodiversité cultivée
Toutes les variétés actuelles ont pour parents des ressources génétiques. Ces ressources phytogénétiques sont constituées de la diversité de l’espèce cultivée ou des groupes d’espèces cultivées mais aussi des espèces sauvages apparentées, dont certaines peuvent être utilisées en sélection par croisement. Certaines de ces ressources sont utilisées aujourd’hui ; d’autres constituent les « réservoirs » de demain pour des besoins encore inconnus.
Il est important de conserver la diversité des combinaisons génétiques, créées ou apparues au cours du temps, dans une grande pluralité d’environnements, car cela constitue un vivier dans lequel puiser pour une large gamme de solutions potentielles. Des variétés issues de croisements, facilités par la conservation de nombreuses collections, sont disponibles au niveau local, national et international. Elles sont sélectionnées pour leur adaptation aux différents sols, cultures, pratiques agronomiques et climats.
Les acteurs de la conservation en France
Cette diversité génétique est conservée par plusieurs acteurs en France comme les centres de ressources biologiques (Inrae, Cirad, IRD, en association avec certains conservatoires botaniques nationaux), des associations (dont les conservatoires régionaux de ressources génétiques, les maisons de semence …) mais aussi par les sélectionneurs eux-mêmes.
Et à l'international ?
Si les ressources génétiques qui intéressent les semenciers sont présentes dans un autre pays, les questions de la disponibilité des ressources génétiques et de leurs conditions d'accès se jouent à l'échelle internationale. Selon les espèces les règles diffèrent. Il peut s'agir d'accord bilatéral entre pays ou la création d'un système multilatéral, une sorte de pot commun à l'échelle mondiale.
Nourrir la population en 2050 apparaît comme un véritable défi, pour lequel d'ailleurs les Nations Unies ont reconnu l'importance des ressources phytogénétiques. C'est dans ce sens que la France est engagée dans le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l'Alimentation et l'Agriculture de la FAO : le TIRPAA.
Les semenciers, également acteurs de la conservation
La biodiversité végétale est la principale ressource dont dispose le sélectionneur pour contribuer à l’efficience agricole et alimentaire. Ainsi, pour s’assurer que cette biodiversité ne s'épuisera pas, ils sont à la fois collectionneurs, conservateurs et créateurs de ressources génétiques. Sur le terrain, ils étudient chaque variété, ses caractéristiques génétiques et physiques, ce qui permet d’enrichir les collections de travail indispensables à la création de nouvelles variétés.
Concrètement, quels sont les modes de conservation ?
La conservation « in situ » désigne le maintien et la reconstitution de populations d’espèces viables dans leur milieu naturel et, dans le cas des espèces végétales cultivées, dans le milieu où se sont développés leurs caractères distinctifs. En France, la conservation « in situ » concerne principalement les plantes sauvages ou apparentées. Cela assure que nos espèces cultivées continuent à évoluer de manière dynamique et durable au contact de leur environnement, naturel et humain. Dans le monde, 6 000 espèces ont été étudiées in situ, dont 45% utilisées pour l’alimentation, 17% sont des espèces sauvages apparentées à des espèces cultivées et 6% des végétaux sauvages constituant une source d’aliments.
Les ressources génétiques peuvent également être conservées en dehors de leur milieu naturel. Cette méthode est notamment nécessaire lorsque l’environnement est menacé. Elle se pratique dans des vergers, des jardins conservatoires ou sous forme de banques de graines ou de vitroplants, conservés généralement au froid. En France, la gestion « ex situ » est faite dans les centres de ressources biologiques et les réseaux de conservation des ressources génétiques qui associent la recherche publique et les sélectionneurs privés, les associations d’amateurs… Elle assure la pérennité de la conservation, la documentation, l’évaluation et la mise à disposition des ressources génétiques. Plus de 5,8 millions d’échantillons de matériel génétique sont conservés dans les collections de base de 827 banques de gènes nationales de 115 pays, ainsi que de 4 banques de gènes régionales et de 13 banques de gènes internationales, dans des conditions de stockage à moyen ou long terme.
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Réseaux de partenariat public-privé de conservation « ex situ » en France
Préserver la biodiversité des plantes cultivées et apparentées
L'UFS est l'un des 8 membres fondateurs du «Fonds Collection et Biodiversité», créé en 2021 pour approfondir la connaissance sur la biodiversité cultivée et ses parents sauvages afin de mieux la préserver mais aussi d'en assurer une utilisation durable. Ce fonds a pour mission d'accompagner les initiatives visant à décrire les ressources reflets du patrimoine génétique et culturel et d'assurer la pérennité de ces ressources en soutenant les gestionnaires de collections.